"Et pourtant elle tourne!" - "Und sie bewegt sich doch!" - " E pur si muove!" - "E tuttina sa mova ella!" / Galileo Galilei
Une présentation de l'Institut Suisse de Rome PDF Print E-mail
Written by Serge Maillard   
Tuesday, 07 April 2009 19:36

Depuis plus de soixante ans, l’Institut suisse de Rome est le visage artistique et scientifique de la Confédération dans la capitale italienne

 

romaEtabli dans la somptueuse Villa Maraini, sur la colline du Pincio au coeur de Rome, l’Institut suisse de Rome (ISR) est placé « éternellement au service de la culture, sous le signe de la collaboration entre la Suisse et l’Italie ». Embrassant du regard toute la ville, vis-à-vis de la Basilique St-Pierre dans la « skyline » antique de la capitale, la Villa Maraini a été léguée à la Confédération en 1946 par la comtesse Carolina Maraini-Sommaruga, veuve de Emilio Maraini, un industriel devenu richissime après avoir introduit avec succès en Italie la production de sucre à partir de betterave. Tous deux étaient originaires de Lugano.

 

Chaque année académique depuis 1947, l’ISR accueille de jeunes artistes ou chercheurs suisses désireux de faire progresser leur travail dans un cadre propice à la création et à la réflexion. Centre d’art, de culture et de recherche, l’Institut accueille régulièrement des conférences dans l’élégante « Sala Conferenze » ainsi que des expositions dans la contemporaine « Sala elvetica ». Récemment se sont tenus notamment un concert du jeune pianiste tessinois Francesco Piemontesi, une « lecture magistrale » sur San Pellegrino par l’historien Franco Cardini ou encore la présentation d’un nouveau volume de la fameuse collection « Belles lettres » par le professeur André Hurst.

 

La diplomatie culturelle est une activité enracinée dans une tradition historique à Rome. A preuve, le foisonnement d’instituts culturels représentant les nationalités les plus diverses et faisant partie intégrante du paysage culturel romain. Le plus fameux de ces instituts demeure certainement l’Académie de France, dirigée par Frédéric Mitterrand et nichée dans la magnifique Villa Medici, qui ne saurait néanmoins faire ombrage à aux instituts américains, hongrois ou encore japonais.

villamaraini

L’ISR a son siège à Rome, mais possède également des annexes à Milan et Venise, qui, chacune, présentent un programme culturel s’intégrant dans la vie artistique et scientifique locale, dans un but commun d’assurer une présence helvétique au coeur de la cité. A l’aube de la célébration des soixante ans d’existence, une réorientation de l’Institut Suisse de Rome a été définie par son Conseil de fondation en 2004, visant à renforcer la place de l’ISR en Italie par des objectifs de développement plus ambitieux. Le siège a été rénové et agrandi, les ressources financières ont été rationalisées, un accord avec Pro Helvetia a été trouvé, permettant à l’ISR de gérer seule la présence culturelle suisse en Italie.

 

Cette réorientation s’incarne également en la personne du nouveau responsable artistique Salvatore Lacagnina, et dans la programmation culturelle de l’ISR.  Ayant pris ses fonctions en novembre 2008, il s’était illustré auparavant en introduisant l’art contemporain dans sa ville natale de Syracuse. Par la création d’une galerie d’art contemporaine et l’organisation de divers événements mêlant art antique et créations modernes, il avait eu droit à la couverture d’une édition du « Time » consacrée à la jeune génération italienne. Dès lors, est-ce un hasard si le thème de sa nouvelle exposition « Swiss Cube », porte sur la tradition ?

 

Ces différentes réorientations ainsi que le développement institutionnel de l’ISR coïncident avec le mandat de son directeur, Christoph Riedweg. Tout en respectant les voeux de la Comtesse Maraini-Sommaruga et en conservant l’héritage de soixante ans d’histoire culturelle, l’helléniste s’efforce de faire vivre l’institut, de l’ancrer dans la vie romaine et d’établir des synergies entre l’art et la science – ce qui fait la spécificité de l’ISR. Combiner cet héritage classique avec les nouvelles formes artistiques et la recherche de pointe, cela signifie assurer en confiance l’avenir de l’Institut. Car, pour faire écho à Platon, « celui dont l'âme est heureuse ne ressent pas le poids des ans » : c’est tout ce que l’on peut souhaiter, pour les prochaines décennies, à la vénérable Villa Maraini.

jardinmaraini 

 

Serge Maillard 

Comments

B
i
u
Quote
Code
List
List item
URL
Name *
Email (For verification & Replies)
URL
Code   
Submit Comment
Last Updated on Tuesday, 07 April 2009 19:43